Mélan Moutet : cinq générations pour boucher le champagne
Il y a des métiers invisibles sans lesquels rien ne serait possible. Le bouchonnier en est un.
La Maison Mélan Moutet existe depuis 1880. Cinq générations de la même famille, à Reims, qui fabriquent et vendent des bouchons. Pas le genre d’entreprise dont on parle dans les magazines. Le genre dont on a absolument besoin.
C’est Pierre Mélan Moutet qui, en 1946, crée la Société Champenoise des Lièges — entité dédiée à la fabrication des bouchons à champagne. La famille brevète la même année la Cartouche de Bouchage Securit. Un nom barbare pour une invention simple : mieux fermer la bouteille, mieux conserver le vin.
Aujourd’hui l’entreprise produit 4,5 milliards de bouchons par an. Bouchons liège, bouchons plastique, capsules couronnes, bidules — ces petites pièces en plastique glissées sous la capsule pendant la fermentation du champagne que personne ne remarque jamais.
Le retour de Mathias
L’actuel dirigeant, Mathias Mélan-Moutet, a passé quatre années aux États-Unis avant d’hésiter entre une carrière en Australie et le retour en France. C’est un sentiment de responsabilité envers l’entreprise familiale qui a tranché.
Ce n’est pas un destin subi — c’est un choix. Nuance importante pour comprendre ce que représente ce type d’entreprise dans le tissu champenois. Pas une multinationale, pas une start-up. Une maison, au sens plein du terme.
Le lien avec l’Aube
C’est dans les ateliers Mélan Moutet que sont finalisés les bouchons que Xavier Martin distribue ensuite aux vignerons de la Côte des Bar depuis Bar-sur-Aube. Une chaîne discrète — du chêne-liège portugais aux caves auboises — dont personne ne parle jamais et sans laquelle aucune bouteille ne partirait.
Le champagne que vous débouchez ce soir a peut-être traversé Reims avant d’arriver dans votre verre. C’est souvent le cas.

