Ce petit champignon qui résiste à six kilos de pression
Quand on débouche une bouteille de champagne, on ne pense pas au bouchon. On devrait.
Le bouchon de champagne doit supporter une pression de 5 à 6 kg/cm² — près de trois fois la pression moyenne des pneus d’une voiture. Et il le fait en liège, une matière récoltée à la main dans des forêts méditerranéennes, sur des arbres qui ont mis quarante ans à produire une écorce utilisable.
Du chêne-liège à la bouteille
Le premier écorçage n’est possible que sur des arbres de 25 à 30 ans. La qualité du liège nécessaire pour les bouchons de champagne n’est atteinte qu’à partir du troisième écorçage. Autrement dit — le liège qui ferme votre bouteille vient d’un arbre qu’on récolte depuis au moins cinquante ans.
Après la récolte, le liège est bouilli puis aplati en planches. Les rondelles sont découpées perpendiculairement dans ces planches — c’est la partie en contact direct avec le vin, appelée le « miroir ». La partie supérieure du bouchon, elle, est en liège aggloméré — broyage et compression des déchets de fabrication.
Le diamètre initial du bouchon est de 31 mm — soit 13 mm de plus que le col interne de la bouteille. C’est cette compression qui assure l’étanchéité. Et c’est elle qui, au fil du vieillissement, donne au bouchon sa forme caractéristique de champignon. Aube en Champagne
Dans l’Aube
Martin Xavier, basé à Bar-sur-Aube, fournit des bouchons en liège aux professionnels vinicoles de toute la Champagne — plus de 5 millions de bouchons soumis chaque année à des tests de contrôle qualité. Un métier de précision, discret, indispensable. Ministère de la Culture
Le bouchon ne fait pas le champagne. Mais sans lui, il n’y a pas de champagne.

