Le syndrome du panier plein : petite humeur des bois aubois
L’automne est là, du moins sur le calendrier. Dans les forêts de la Côte des Bar ou du Pays d’Othe, le sol craque encore un peu trop sous les pas. Les pluies de ces dernières semaines se sont fait désirer, laissant les amateurs de sous-bois dans une attente frustrante. Est-ce le bon moment pour sortir le panier en osier ? Les avis divergent, les coins secrets se gardent encore plus farouchement que d’habitude, et les vrais connaisseurs scrutent le ciel autant que la mousse.
Pourtant, dans cette quête aléatoire, certains semblent confondre la forêt avec le rayon fruits et légumes d’un supermarché.
Vandales: pas de respect pour nos forêts
Il suffit de croiser, au détour d’un sentier, ces cueilleurs du dimanche équipés de sacs plastiques — première hérésie pour la survie des spores — remplis jusqu’à la gueule. Cèpes minuscules arrachés à la hâte, girolles écrasées, pillage en règle sous prétexte que « la nature appartient à tout le monde ». Rappelons-le gentiment : la cueillette est tolérée, mais limitée à ce qu’une main peut raisonnablement consommer en un repas (cinq litres par personne, la loi le dit, le bon sens aussi). Repartir avec des kilos de champignons qui finiront par pourrir au fond du frigo n’a jamais fait un grand plat. C’est juste du gâchis. Le champignon sauvage est un luxe de patience, pas une razzia.
Si la frénésie de la poêlée géante vous prend, il y a pourtant une alternative bien plus élégante et respectueuse à deux pas de là.
En plein cœur du Pays d’Armance, du côté de Cussangy
En plein cœur du Pays d’Armance, du côté de Cussangy, d’autres passionnés font pousser des merveilles sans bousculer les sous-bois. Les chefs de la région ne s’y trompent pas : quand la météo forestière fait des siennes, c’est là-bas qu’ils vont chercher la matière première de leurs cartes d’automne, à commencer par la mythique fondue de champignons au Chaource. C’est du savoir-faire, de la patience, et l’assurance d’un produit parfait sans abîmer un seul centimètre carré d’humus sauvage.
